Qui se souvient encore des Hmongs?

Publié le par May Kham

Un article très intéressant d'UHA pour le Figaro Magazine qui résume assez bien l'histoire des Hmongs du Laos.

Voici quelques extraits. N'hésitez pas à cliquer sur le lien ci- dessous pour plus d'information.

Un peuple qui place la liberté au-dessus de tout.

On connaît le drame des Harkis. Hommage leur a été rendu. Tardivement, certes, mais bruyamment. Et c’est tant mieux. En revanche, qui se souvient des Hmongs ? Un peuple de montagnards, pourchassé et exterminé par le gouvernement communiste de la République Populaire Démocratique du Laos. Leur crime ? Avoir servi à nos côtés pendant la guerre d’Indochine. Puis dans l’armée américaine contre les Nord-Vietnamiens. Un conflit terminé depuis 1975. Sauf pour eux, …

L‘histoire des Hmongs (aussi appelés Méos ou Miaos) se perd dans la nuit des temps et les confins d’Asie. Le peuple de l’opium. Des guerriers nés, qui placent la liberté au-dessus de tout. Chez eux, la guérilla n’est pas une tactique militaire mais une seconde nature. Pendant la guerre d’Indochine, l’état-major compris au moins cela. Dès 1945 (les Japonais occupaient encore la zone), des commandos français furent parachutés au Laos. Objectif : former des maquis chez les Hmongs. Qui seront utilisées contre les Nippons, puis contre le Viêt-minh. Succès total.
Même si leurs opérations de harcèlement et de sabotage ne firent jamais l’objet d’un seul communiqué. Secret Défense.
« On les appelait les seigneurs aux pieds nus », raconte Jean Sassi, figure mythique des Services Spéciaux et Président d’honneur du 11ème choc. Pendant 10 ans, il vécut avec eux. C’est lui qui commandait « l’Opération D » (pour desperado) : fin avril 1954, avec 2.000 Hmongs des maquis « Malo-Servan-Sangsue » et une poignée de Français. Il tenta de porter secours aux assiégés de Diên Biên Phu. Le 7 mai, après une semaine de marche forcée, la colonne parvint aux abords de la cuvette. Trop tard. Diên Biên Phu venait de tomber. « On a quand même pu exfiltrer environ 150 rescapés », précise Jean Sassi. Les Hmongs de « l’Opération D » refusèrent d’être payés en barres d’or, ainsi que le proposait le commandement.
La IVème  République les récompensa à sa manière : quelques semaines plus tard, Jean Sassi reçoit l’ordre d’évacuer et de désarmer. Il refuse, gagne du temps. En profite pour acheminer du matériel : « je les ai armés alors que j’avais ordre de les désarmer ». Jusqu’à ce jour de mars 1955 où l’officier français doit partir, la mort dans l’âme : « les Hmongs n’arrivaient pas à le croire. C’était affreux ».Après les Français, ils choisiront les Américains. Qui partiront, eux aussi. Mais qui auront l’élégance – minimale – de leur élever un monument commémoratif à Sheboygan (Wisconsin) en 2006. La France, quant à elle, n’a jamais payé sa dette d’honneur. Il est peut-être temps d’y songer. Les Hmongs le méritent bien. Euphémisme. "

http://what-s-next.com/qui-se-souvient/

 

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