Petit peuple: chronique d'une mort et d'une vie annoncée entre exil, évasion et espoir...

Publié le par May Kham

Ames sensibles s'abstenir. http://www.youtube.com/watch?v=ZPH7IAYA33Y

Les blackbirds, ces messagers qui depuis des décennies font des allers-retours entre leur pays d'accueil, leur village ou leur ville pour aider les Hmongs de la jungle ou des camps ne sont plus qu'une dizaine dans le monde. La plupart ont été assassinés, emprisonnés ou portés disparus. Certains, comme moi se sont cachés puis désengagés, fatigués d'un combat perdu d'avance.

Pour tout comprendre, lire le livre de Cyril Payen et voir le reportage dont le lien est ci-dessus

 

Hmongs dans les camps de Thailande: au départ, en 1975, il y a eu 2 camps principaux, Nong khai et Vinai. Le seul camp officiel qui reste est le camp de Huay Nam Khao détruit depuis par un incendie criminel. Certains sont enfermés là depuis plus de 30 ans. La Thaïlande ayant des intérêts politico-économiques avec le Laos et le Vietnam, ne cesse depuis 2004 de les livrer au gouvernement laotien. « Ce qui équivaut pour certains d’entre eux à une condamnation à mort », conclut Rémi Fritsch -UHA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hmongs de la jungle:  Il en reste très peu, une centaine...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

photos de Philip Blenkinsop

 

Quelques témoignages grâce au rapport de MSF. Lire le rapport ci-dessous ( lien pdf)

Fuir la violence

CY a 18 ans. Elle est originaire de la province de Bolikhamxai au Laos. Elle est arrivée dans le camp de réfugiés de Huai Nan Khao le 4 octobre 2006, accompagnée de sont petit frère de trois ans. « Les soldats laotiens nous attaquent régulièrement, au moins quatre ou cinq fois par an, surtout pendant la saison sèche. Les hélicoptères laotiens survolent la jungle pour repérer des groupes de Hmongs. S’ils n’y arrivent pas, ils larguent des troupes dans les environs et les soldats nous cherchent, en inspectant la zone pendant plusieurs jours. Pour nous trouver dans la jungle, les militaires guettent les indices de notre présence, notamment les marques faites par des machettes sur la végétation – nous essayons donc de laisser aussi peu de traces que possible. En cas d’attaque, nous nous séparons et normalement nous nous regroupons de nouveau quelques jours plus tard, dans un endroit fixé d’avance. En général, les soldats tuent systématiquement les hommes et capturent les femmes. Pour nous défendre, certains membres de mon groupe étaient armés [une arme pour 3 ou 4 hommes], certains groupes possèdent quelques mitraillettes (M16) ; dans mon groupe nous n’avions que quelques vieux fusils mais il est très difficile de se procurer des munitions. Depuis mon enfance, plusieurs de mes cousins de mon groupe ont été tués. En 2002, l’un des mes frères aînés a été tué par des soldats alors qu’il était en train de cueillir des fruits avec mes cousins. Un jour en 2004, vers 8 heures du matin, des soldats laotiens ont trouvé notre camp. Ce jour-là, ma mère et deux hommes de notre groupe ont été tués. Les soldats ont mis le feu à notre camp mais mon père, mes deux jeunes frères et moi avons réussi à nous enfuir.

Les dangers d’être renvoyés

En décembre 2005, 27 enfants hmongs laotiens (5 garçons et 22 filles) de Huai Nam Khao furent arrêtés par la police thaï alors qu’ils s’apprêtaient à fêter Noël et ils furent renvoyés de force au Laos. Depuis lors, en mai 2007, 12 des jeunes filles ont réussi à revenir en Thaïlande et à rejoindre leurs parents dans le camp. Leurs témoignages recueillis directement par les équipes de MSF attestent de la cruauté du traitement enduré par les enfants pendant leur détention au Laos. PHY est l’une des jeunes filles qui est revenue à Huai Nam Khao. Sa déclaration a été prise en présence de deux autres jeunes filles, PKY, 16 ans et MY, 16 ans, qui faisaient également partie du groupe envoyé au Laos. Pendant l’entretien, elles ajoutaient de temps à autre des détails et des informations concernant leur propre expérience. En fin de compte, les trois jeunes filles ont enduré la même situation. PHY décrit leur expérience après avoir été déportée au Laos. « Six policiers sont arrivés et ont commencé à nous poser des questions, en nous battant en même temps. Ils ont interrogé chaque fille en privé (une fille après l’autre dans des pièces différentes). Ils ont demandé : « d’où venez-vous et que faites-vous ? » Nous avons répondu que nous étions de Huai Nam Khao en Thaïlande et que nous disions la vérité mais la police ne voulait pas nous croire et ils nous ont battues encore plus. Ils nous ont demandé quelle était notre religion et nous leur avons dit que nous croyions en Jésus. Ils nous ont demandé qui était le prêtre à Huai Nam Khao et s’il était américain. Ils nous ont demandé si nous avions été envoyées par les Américains ou par les Thaïs pour parler de Jésus à d’autres Hmongs. La police a également essayé de nous faire dire que nous étions payées par la Thaïlande ou par les Américains pour nous rendre dans la province de Xieng Khouang pour y trouver d’autres Hmongs. Ils nous ont aussi demandé qui était le chef de notre groupe mais nous leur avons répondu que nous n’avons aucun chef. Ils nous ont accusées d’essayer de rencontrer les Hmongs qui vivent dans la jungle pour commencer une guerre dans ce pays. Ils nous ont accusées d’être des espionnes, entre autres. Plus nous disions non, plus ils nous battaient. Ils nous donnaient des coups dans l’estomac, nous attrapaient par les cheveux et nous frappaient la tête contre le sol. Ils ont déchiré nos vêtements et touchaient nos parties intimes, disant qu’ils voulaient s’assurer que nous ne cachions rien. L’un des policiers a tenu mes jambes pendant que d’autres me violaient et me frappaient. Ils ont fait cela pendant une journée entière, l’un après l’autre. Il y avait six pièces dans la prison. Chaque jour, nous recevions le 9 même traitement. Ils nous battaient jusqu’à ce que nous perdions pratiquement connaissance, nous laissaient récupérer, parfois pendant une journée, et recommençaient. Ils nous terrorisaient aussi avec un revolver. Les policiers nous ont dit que les garçons avaient déjà avoué et que ce serait une bonne chose pour nous de dire la vérité. Ils nous ont fait écouter un enregistrement. Vous pouviez entendre chaque garçon qui était frappé, pleurer et répondre, « Oui, oui, » aux questions de la police. Ils demandaient : “Alliez-vous à Xieng Kouang ? Alliez-vous au marché pour prendre l’argent que les Américains vous donnaient pour financer la guerre dans la jungle ? Êtes-vous de Xieng Kouang ? ». Le garçon pleurait en disant : « Oui, oui, oui. »

msf hmong.pdf

La plupart des Hmongs en Occident vivent une vie moderne mais restent fidèles à leurs coutumes et traditions, surtout concernant les festivités et les croyances. Bien que chrétiens, les Hmongs ont encore un rapport particulier, voire un attachement au chamanisme et à l'animisme: ce qui ne leur semble pas paradoxal. Cependant, la nouvelle génération, au contact du monde occidental, est réticente à certaines "valeurs"ou traditions hmongs comme la polygamie, le mariage arrangé, les "kidnappings d'épouse", le mariages des adolescents etc...Beaucoup de jeunes ignorent le sort des Hmongs qui n'ont pas eu leur chance, ceux bloqués dans les camps ou dans la jungle, leurs parents gardant le secret de leur traumatisme comme un déni...

American Hmongs .Happy new year

Hmongs de France- Castres

Guyane-Nouvel an hmong

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